28 novembre 2015

Comme une bouteille à la mer

J'ai repris le travail depuis peu. Après plusieurs mois d'absence pour apprivoiser la vie sans ma soeur. Pour me laisser le temps d'apprendre à avancer sans elle, à garder la tête hors de l'eau des remous du deuil. Pour que mes enfants aient eux aussi le temps d'apprivoiser cette nouvelle vie, celle dans laquelle maman a parfois le regard triste et où leur tante ne leur pincera plus jamais les fesses en rigolant. Pour nous permettre de tenir fort nos mains les unes dans les autres aussi souvent qu'on en avait envie. Parce que la conciliation travail-famille me semblait impossible alors même que la conciliation désespoir-famille m'était ardue.

J'ai repris le travail, donc. Ce travail qui m'a toujours comblée, passionnée. Directrice d'un centre d'art, c'est ça mon travail. Soutenir la création, accompagner des artistes, éduquer des publics, imaginer puis mettre en oeuvre des projets culturels de toutes sortes, c'est un peu ce que je fais à tous les jours.

Alors, je lance ici, comme une bouteille à la mer, un appel à votre générosité pour soutenir l'un des nombreux projets que je chapeaute et sans doute celui dont je suis le plus fière: Moi à l'oeuvre III - Une expérience vivante en création pour la petite enfance.

En gros, ce sont des ateliers et une exposition pour les enfants de 2 à 5 ans. Pour les initier à l'art, oui. Mais surtout, pour leur permettre de développer, par la pratique artistique, leurs habiletés sociales et communicationnelles.

Prenez au moins la peine de regarder le projet. Vidéo, photos, textes, tout est là pour vous convaincre. Juste à cliquer ici.

(Merci. Et j'espère que la vie est douce avec vous!)

06 août 2015

Je suis ailleurs

Près de deux ans que je ne suis pas venue flâner ici. Silence radio de ma part.

Silence de mort.

C'est le cas de le dire.

En avril dernier, ma jeune soeur de 22 ans est décédée. Un tsunami dans ma vie. Dans celle de mes enfants. Dans celle de ma famille.

Depuis son départ, je m'efforce de me reconstruire, de retrouver cette folie légère qui me caractérise. Je ne suis pas près de revenir écrire ici, malheureusement.

Je n'oublie pas, par contre, le pouvoir salvateur des mots écrits et partagés publiquement. Il y a près de six ans, je découvrais avec une joie immense la blogosphère. J'y rompais les contraintes d'une solitude imposée, me semblait-il, par la maternité et les guilis-guilis d'un nouveau-né.

Aujourd'hui, il me faut retrouver ce goût de la vie qui m'a toujours habité. Et je compte bien tout mettre en oeuvre pour le faire, aussi difficile puissent être certaines journées.

Je suis là-bas, maintenant. Un nouveau blogue, en l'honneur de ma soeur.

Pour que la vie continue.

21 septembre 2013

La fois où j'ai eu envie d'écrire

Ça remonte à février. La dernière fois que j'ai eu envie d'écrire ici. Avant aujourd'hui, je veux dire. Je ne me souviens pas exactement ce qui s'est passé en février, sans doute une actualité déchirante vue à la télévision, à moins que ce ne soit une subvention refusée pour le Centre d'art que je dirige, ou la réforme sur l'assurance-emploi qui rendait précaire ma situation financière, ou le stress qui se répercutait sur mon couple, ou un peu de tout ça, sans doute. Me rappelle juste ce besoin vital de jouer avec mes p'tits loups et depuis, cette légère phobie de les voir disparaître un jour. Je sais pas pourquoi, ça revient souvent dans ma tête. Maintenant qu'ils sont là, bien installés dans ma vie, avec leur rire musical et leur petit cou qui sent bon, comment j'arriverais à vivre sans eux?

13 février 2013

Ce que je déteste de la maternité

La mort
Ou plutôt, l'éventualité que la mort me fauche un enfant. Ou pire, les deux. Cette mort que je ne craignais pas auparavant me donne des nausées quand j'y pense aujourd'hui. Sans compter la possibilité que moi, je meure. Depuis que je suis mère, j'ai compris qu'il me fallait être immortelle pour de nombreuses années. J'ai laissé tomber mes projets de saut en parachute, je porte un casque quand je fais du vélo, je ne texte jamais au volant, je coupe mes raisins en deux pour éviter l'étouffement. On n'est jamais trop prudent.

28 janvier 2013

La gestion du temps

Devenir mère nécessite une bonne gestion du temps. En fait, c'est la perception même du temps qui est modifiée quand on se lance dans la procréation. Quand on n'a pas d'enfants, on perçoit le temps de façon linéaire. Une ligne droite, en 2 dimensions, qui part d'un point A pour se rendre au point B. Jusque là, vous me suivez? C'est quand on décide d'héberger un foetus dans son utérus que la notion de temps change. En effet, il faut, dès lors, se le représenter en 3 dimensions, avec des zones parallèles évoluant simultanément.

Je vous explique.

22 janvier 2013

La mère que je suis

Chère Bébé fille,
Cher Bébé fiston,

Vous savez, je n'ai pas toujours été celle que je suis maintenant. J'ai changé depuis votre arrivée dans ma vie. Je peux même dire, sans hésiter, que je suis devenue une femme meilleure. Grâce à vous, mes amours. Je m'améliore sans cesse.

20 janvier 2013

Parfois, j'aimerais être un papa

Ça m'arrive d'y penser. Être un papa, ça doit être sacrément plaisant.

Zéro grossesse. Passer toute une vie sans connaître les nausées et le lien intime qui finit par se créer avec la cuvette des toilettes. Ne rien connaître de la sensation interne des hormones qui te transforment en chien enragé (pardon une fois de plus au monsieur qui a osé, il y a plus d'un an déjà, prendre LA place de stationnement pour femme enceinte de l'épicerie). Ne jamais, jamais, jamais s'éveiller en panique des suites d'un affreux cauchemar plein d'éventreurs. Ignorer l'existence même du nerf sciatique. Vivre librement sans qu'aucune tête ne vienne déclarer la guerre à la vessie. La belle vie, quoi!

08 janvier 2013

Quand il n'y a plus de mots

Vous ai-je déjà parlé du coup de chance que j'ai eu, il y a un peu plus de 2 ans? À l'époque, je cherchais en vain une garderie correspondant à mes horaires atypiques et saisonniers. J'avais été traumatisée, et Bébé fille aussi, par une première expérience qui s'était avérée désastreuse. Une connaissance m'avait alors référée à l'éducatrice s'occupant de ses deux filles.

Mon coup de chance, ce fût cette éducatrice: Ghislaine.

04 décembre 2012

Le voyage

J'émerge peu à peu d'un monde lointain.

Un monde où la morve coule à flots des petits et gros nez,

où la toux, toux, toux, toux réveille tout le monde,

où la fièvre fait gercer les lèvres,

où les migraines accompagnent du lever au coucher,

où la vomissure éclabousse les lits, les pyjamas et les visages en pleurs.

Je reviens d'un périlleux voyage en terre grippale.

On est comme ça, les Bizz. Quand on décide de partir en voyage en famille, on choisit des destinations dangereuses...

Et vous, la santé, ça va?

02 novembre 2012

Je suis folle

La semaine dernière, j'ai effectué une livraison personnalisée pour un client ayant acheté une oeuvre au centre d'art que je dirige. Le client en question était un médecin qui m'avait demandé de livrer le tout directement à l'hôpital, parce que l'oeuvre était un cadeau pour sa femme.

Sur place, je me stationne près de l'entrée. Je me dirige vers les portes coulissantes que je n'avais pas franchies depuis l'accouchement de Bébé fiston, en novembre dernier. J'ai à peine le pied à l'intérieur du hall que remontent à la surface les souvenirs de ces quelques jours rocambolesques: les contractions, les poussées de plus en plus douloureuses, les paroles du médecin, les regards inquiets, le premier contact avec mon fils, le repos forcé, les visites, la douleur encore, la plaie et tout le reste. Je me retrouve submergée par ce flot d'émotions auxquelles je ne m'attendais pas et soudain, l'incroyable se produit.

31 octobre 2012

Quand ton enfant se change en monstre

Tu lis ce titre et tu te dis «cool, un billet sur Halloween.» Tu te trompes. Je ne vais pas te parler d'Halloween. J'ai envie d'aborder avec toi un concept que tu as déjà entendu, mais que t'as peut-être pas expérimenté encore. Je vais t'en parler pour vrai, pour que tu saches la réalité que les autres ne t'ont sans doute pas révélée, par crainte de t'effrayer. Avec raison.

Je vais te parler du terrible two. Ce que certaines appellent le T2. Ce que j'appelle la catastrophe nucléaire.

29 octobre 2012

I'm too sexy

C'est le matin. Vous vous extirpez du lit, la bouche pâteuse, les dents rugueuses. La veille, vous n'avez pas pris (eu) le temps de vous brosser les dents. Ça se sent, dans tous les sens du terme. Le plancher craque sous vos pieds. Vos pieds. Des plaques de vernis datant du mois d'août sur trois orteils, de la mousse de bas, des ongles beaucoup trop longs et même un peu crasseux: vos pieds sont carrément laids ce matin.

Soupir.

26 octobre 2012

La libération

Appelons-la S. pour garder son anonymat. S. et moi avons entretenu, pendant plus de deux ans, une relation malsaine. Ça remonte à loin, cette histoire. Peu après la naissance de Bébé fille. En fait, je connaissais S. depuis longtemps; je l'avais aperçue quelque fois auparavant, mais sans vraiment la connaître intimement. Elle est entrée dans ma vie quand Bébé fille était âgée d'un mois. À dire vrai, c'est l'amoureux qui me l'a présentée.

24 octobre 2012

Une absence justifiée

Avant d'aller plus loin dans les histoires croustillantes, il me faut d'abord vous faire un récapitulatif des derniers mois qui furent, ma foi, fort occupés, tant sur le plan maternel que professionnel.

Parlons d'abord du petit dernier, Bébé fiston. Sa courte vie sexuelle (se résumant à une érection pendant un changement de couches) vous a déjà été dévoilée, mais ce que vous ne savez pas, c'est qu'il marche maintenant! Il a fait ses tout premiers pas vers 10 mois et demi; depuis, il marche sans arrêt, du lever au coucher. Il peut passer des heures, un jouet à la main, à faire le même trajet: cuisine, sous le comptoir, salon, entre le fauteuil et le mur, salle de bain, cuisine, sous le comptoir, salon, entre le fauteuil et le mur, salle de bain, et ainsi de suite jusqu'à ce que sa soeur lui vole son jouet. Il est adorable, il rit et sourit sans arrêt. Il m'a accompagné au travail jusqu'à la fin du mois de septembre. Directeur adjoint d'un centre d'art à 6 mois, ça fait bien dans un CV.

22 octobre 2012

Une histoire de zizi

Évidemment, fallait s'y attendre: mon retour ici débute avec une histoire de zizi. De petit zizi, pour préciser. Tout petit, petit, petit. Celui de Bébé fiston, à vrai dire.

C'est que, voyez-vous, passer du genre féminin au genre masculin pour le changement de couches, ça a quelque de déstabilisant. La gestuelle maintes fois répétées pour Bébé fille ne s'applique pas pour Bébé fiston. Certes, dans un cas comme dans l'autre, il faut bien nettoyer les petites fesses (trop mignonnes, en passant), mais là s'arrêtent les ressemblances.

08 juin 2012

Je ne suis pas morte

Débordée, fatiguée, passionnée, oui.

Bébé Fiston me suit toujours au boulot, Bébé fille est si grande maintenant que je pense la rebaptiser bientôt, j'accepte toutes sortes de défis professionnels qui me font courir à droite et à gauche, mais mausus que j'aime ma vie.

C'est un peu pour tout ça que je ne suis pas souvent ici. Ça et aussi parce que ce besoin, presque vital, de mettre en mots plein d'humour mes petits travers de maman est moins urgent. J'ai envie de vivre chaque seconde avec mes enfants parce qu'au deuxième, s'il y a bien une chose qu'on réalise, c'est que ça passe foutument vite, la petite enfance.

Ne m'en voulez pas trop, ma présence ici sera sporadique, épisodique et inversement proportionnelle au nombre d'heures de sommeil que mes deux tyrans m'accorderont.

D'ici là, souvenez-vous qu'un fou rire par jour éloigne le docteur pour toujours!

19 mai 2012

T'sais...

T'sais, quand tu viens de te taper une semaine de fou au travail, doublement épuisante par le fait que tu es simultanément mère et travailleuse car toi, maman poule, tu es incapable de te séparer de ton bébé alors tu le traînes au bureau...

T'sais, quand cette semaine-là a mal commencé par un gros rhume du bébé mentionné ci-haut, te privant de deux nuits de sommeil consécutives...

T'sais, quand tu arrives enfin chez toi le vendredi soir, heureuse d'avoir devant toi une grande fin de semaine de trois jours, durant laquelle tu comptes bien profiter du soleil, te reposer et jouer avec tes merveilleux enfants...

T'sais, quand t'as tout juste ouvert la porte que te saute au visage une terrible odeur de vomissure et que t'accueille une petite fille toute blême et de vomissure vêtue, pendant que la grand-mère frotte ce qu'il reste sur le plancher du contenu de l'estomac de ta fille ci-haut mentionnée....

T'sais, quand tu te couches ce même vendredi soir-là, rassurée par le sourire que t'as fait ta grande avant de s'endormir, signe qu'elle ira mieux demain et que tu pourras profiter de cette belle fin de semaine malgré tout...

T'sais, quand, finalement, tu te fais réveiller à 4h du matin par une petite fille fiévreuse et pleine de boutons rouges, qui a assurément chopé la varicelle...

Ben, c'est toujours dans ces moments-là que t'as juste envie de dire:

Un double expresso, s.v.p.

Mise à jour: il s'agit en fait du pied-main-bouche...ponctué de hurlements du genre «ça piiiiiiique».

07 mai 2012

Un peu de vulgarisation

Suite à mon billet récent Le sexe après les enfants, j'en suis venue à la conclusion que je devais sortir mes talents de pédagogue pour vous expliquer ce qu'est exactement le sexe après les enfants. Pour bien comprendre cette notion abstraite, une simple petite histoire à la Bizz ne suffit pas. Non, il faut des explications scientifiques.

01 mai 2012

Bébé et boulot

Contrairement à Bébé fille (pour vous remettre dans le bain, je vous conseille de (re)lire Bébé, boulot, dodo, écrit il y a maintenant 2 ans), Bébé fiston se transporte facilement au bureau. Cependant, emmener Bébé Fiston au bureau met parfois à rude épreuve ma crédibilité. Nombreuses sont les occasions qui testent mon humilité et me rappellent que la vie nous réserve toujours des surprises. Le fait que la plupart des gens que je côtoie dans le cadre de mon travail sache que j'ai un bébé de quelques mois qui me suit partout n'empêche nullement la tenue de conversation plutôt étranges dans mon bureau.

26 avril 2012

Le sexe après les enfants

Vous vous êtes couchée, la veille, complètement crevée, avec la ferme intention de raviver la flamme sexuelle de votre couple. Dans votre cas, on ne parle même plus de flamme, c'est à peine une mèche un peu chaude. Il n'en manque pas beaucoup pour que votre conjoint réclame le droit à l'allaitement exclusif, lui aussi.